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Pierre-Luc Granjon
Faire des dessins animés, pas si facile !

Ses films parlent d'enfants rêveurs et d'animaux amicaux. Mais derrière la féerie des histoires et des images, insoupçonné mais bien présent, se dissimule un long travail de conception et de réalisation. Pierre-Luc Granjon, l'un de nos invités d'honneur, soulève un coin du voile...
A lire avant de le retrouver dans nos salles les 1er et 2 novembre pour le programme qui lui est consacré (Spécial Pierre-Luc Granjon et Le Loup blanc).
D'où vous viennent vos histoires ? Comment naissent-elles ?
Souvent d'une image que j'ai en tête, et le reste du scénario se construit autour. Par exemple pour Petite escapade, j'avais en tête la situation suivante : un enfant, cartable sur le dos, s'enfonce dans une forêt très sombre, sans être effrayé pour un sou, il est chez lui. Pour Le Loup blanc, c'était l'image d'une petite famille réunie autour de la table de la cuisine au moment où la mère s'apprête à couper la tête d'un lapin. Les deux enfants qui assistent à cette scène la vivent de manière très naturelle, sans être choqués. Ces images servent de base à la construction d'une histoire, elles sont un peu le cœur du film.
Quel est le moment de la création d'un film que vous préférez ?
Un de mes moments préférés est justement l'écriture du scénario, car alors le film n'existe pas et tout est possible. L'histoire se construit petit à petit, et je dessine autant que j'écris pour faire avancer le récit. Il y a un côté très excitant à créer tout un univers avec ses décors, ses personnages et ses intrigues. Mais toutes les étapes d'un film ont leurs côtés intéressants : les recherches graphiques, le story-board où une grande partie de la mise en scène se décide, la fabrication des marionnettes et des décors, le tournage (qui est aussi la partie la plus stressante), le montage image et sons, la musique...
Vous utilisez plusieurs techniques d'animation (marionnettes, papiers découpés...). Comment faites-vous le choix d'une technique ou d'une autre ? 
Je choisis en général une technique en fonction de mes envies au moment où j'écris le scénario. Si je viens de faire un film en volume (avec des marionnettes animées), j'aurai certainement envie de passer au papier découpé ou au dessin animé.
De toutes façons, chaque technique à ses avantages et ses inconvénients. Par exemple, en volume les marionnettes peuvent casser, le cadre peut bouger..... En dessin animé traditionnel, il peut s'écouler beaucoup de temps avant de voir le résultat d'une animation, car le travail est très fractionné entre l'animateur, l'assistant animateur, l'intervalliste, puis les traceurs et les gouacheurs. En papier découpé, si on travaille sur plusieurs niveaux de vitres, il y a souvent des reflets gênants qu'il faut supprimer. Quant aux films faits sur ordinateur, ils évitent ce genre de soucis, mais on doit rester collé à

son écran toute la journée...
Bref, on s'amuse beaucoup en animation, mais on est confronté à tout un tas de problèmes, et la technique parfaite n'existe pas !
Si un enfant vous dit "je veux faire le même métier que toi", que lui conseillerez-vous ?
Je crois que je lui dirais : "si tu aimes raconter des histoires, si tu aimes dessiner, bricoler, sculpter, fabriquer, créer, si tu as envie que les choses sans vie prennent vie, alors vas-y, n'hésite pas ! "
Pierre-Luc Granjon viendra présenter ses films dans le cadre du volet L'Etoffe des héros de Coucou, fais-moi peur !, et parler de l’animation aux enfants. > En savoir plus
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