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Un projet grand comme un baobab
Laurent Chevallier présente Circus Baobab
Au début, il y a une idée, et une envie : monter la première troupe de cirque d'Afrique Noire, mais un cirque qui intègre la culture guinéenne. C'est ainsi qu'en 1998 est créée la troupe Circus Baobab. A l'initiative du projet avec des amis guinéens, Laurent Chevallier le filme pas à pas. C'est Circus Baobab, aventure insolite et passionnée que les spectateurs de Mon 1er Festival découvrent samedi 29, en présence du réalisateur qui prolonge la discussion après le film.
Un baobab de 17 mètres
Le « Baobab », c'est à la fois le nom du film, mais aussi le décor du premier spectacle de la troupe, composé d'une immense structure de troncs d'arbre, poutrelles, cordes, filins et trapèzes, haute de 17 mètres. Il faut pas moins de 2 jours pour la construite, autant pour la démonter. A lui seul, le « baobab » résume toute l'ampleur et la hardiesse du projet dont la gestation dura deux ans. « La Guinée a toujours eu une tradition de ballets, explique Laurent Chevallier. Le pays était le premier à en produire en Afrique, c'est pourquoi l'idée de lancer la première troupe de cirque a immédiatement séduit. A condition toutefois de faire un cirque « africain », intégrant la culture guinéenne, et non pas d'importer les caractéristiques du cirque occidental. »
Une famille se crée
Principaux acteurs : des enfants des rues, souvent trop pauvres pour aller à l'école. Choisis au terme d'une longue sélection, ils suivront deux ans de formation avec des formateurs français, avant d'entamer la grande aventure de la tournée à travers le pays. Un apprentissage artistique qui impose aussi un apprentissage social, celui de la vie en communauté et du respect des autres. « Autant que le spectacle lui même, le film montre comment une famille naît à Conakry (la capitale), et apprend à vivre ensemble tout au long du voyage » , insiste le réalisateur.
Un projet d'abord
S'agit-il d'un documentaire ? Bien sûr, approuve le réalisateur. S'agit-il d'un travail ethnologique ? « Non, car si nous n'avions pas monté la troupe avant, il n'y aurait rien eu à filmer ! Et puis notre projet était que l'aventure se prolonge au-delà du film et du premier spectacle, avec une école de cirque à Conakry, qui existe aujourd'hui ». Quant aux jeunes artistes de la troupe, ils ont pour la plupart poursuivi dans la voie du spectacle.
Nathalie Ryser
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