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Larguez les amarres !
Jean-François Laguionie parle de L'Ile de Black Mor
Le réalisateur Jean-François Laguionie est cette année notre invité d'honneur, et c'est avec impatience que nous l'attendions dans nos salles. Première visite ce matin, en compagnie de la scénariste Anik Le Ray, pour L'Ile de Black Mor, somptueuse aventure de pirates où il ne manque pas un bateau, pas une carte, pas un trésor et pas une tempête.

Enquête dans le temps
Un film historique, même en animation, ça ne se fait pas à la légère. Si Jean-François avait déjà écrit le roman « L'Ile de Black Mor », au moment de le mettre en images de nouvelles questions se posent. « Il fallait chercher comment les gens étaient habillés, comment ils vivaient, et surtout, car ils sont très importants dans l'histoire, à quoi ressemblaient les bateaux ». Le réalisateur et son équipe font des croquis, mais l'oeil d'un spécialiste s'avère indispensable. « Nous nous sommes adressés au peintre Yvon le Corre, qui a rectifié tous les dessins, placé les canons et les filins à la juste place... ». De même les personnages correspondent à une réalité historique. « Maître Forbes, qui lit l'histoire de Black Mor au Kid, on apprend ensuite qu'il a été pirate lui aussi. Et en effet, sur les bateaux, il y avait un personnage qui savait lire et écrire, qui écrivait le journal de bord... »
Pas d'âge pour être pirate
Mais à l'origine du film, il y a aussi des souvenirs d'enfants : « L'Ile au trésor, les Contrebandiers de Moonfleet, tous ces livres et ces films de pirates qui nous ont enchantés... Quand j'ai écrit l'histoire, et quand nous l'avons réalisée avec l'équipe du film, c'était un peu comme si nous retrouvions nos 13-14 ans », se souvient le réalisateur. C'est pourquoi selon lui le film s'adresse à tous, tous âges confondus : « quand je fais un film, je ne pense pas spécialement aux enfants. Les adultes aussi ont besoin qu'on leur raconte des histoires. »
Chef d'orchestre
« On me demande souvent ce que je fais dans un film. Je fais des croquis mais pas les dessins définitifs, j'imagine parfois le récit ou les personnages, mais je n'écris pas toujours l'histoire complète, je n'enregistre pas les voix, je ne joue pas la musique... Alors, je fais quoi ? Eh bien, je suis le chef d'orchestre de tout cela, et comme un chef d'orchestre, je fais jouer tout le monde ensemble, mais je ne suis pas obligé d'être virtuose en piano ou en violon. Au cinéma, cela s'appelle un réalisateur. »
Nathalie Ryser
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