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Thierry Le Portier, dresseur de fauves


Thierry Le Portier est intervenu au Cinéma Le Denfert après la projection de L'Ours de Jean-Jacques Annaud. Il exerce un métier fascinant et intrigant qui a suscité bien des questions de la part des petits spectateurs.



Dans la vie, les pumas et les ours se côtoient-ils vraiment ?

Non. Le puma ne chasse pas l'ours. Ils s'évitent. Il n'y a aucune chance pour que la situation du film ait véritablement lieu.


Est-ce que l'énorme ours du film est un grizzly ?

Non, c'est un kodiak, variété d'ours brun habitant l'Alaska et qui dépasse les 3 mètres de hauteur.


Est-ce que les ours mangent les hommes ?

Les animaux ne sont pas méchants mais peuvent être dangereux pour l'homme. Surtout quand ils se sentent menacés. Mais à chaque fois qu'un animal est en passée d'attaquer, il prévient, soit par un mouvement brusque, soit par un grognement. La situation devient dangereuse dès lors qu'on répond mal à la menace de l'animal. Prendre la fuite, par exemple, développe chez lui son instinct de chasseur.


Que doit-on faire quand on rencontre un ours dans la nature ?

Ne surtout pas insister. S'en aller tranquillement en essayant de sortir de son champs de vision car dès qu'un l'animal perd sa proie de vue, il l'oublie quasi- automatiquement...


Dans la vie, est-ce qu'un ours mâle prend sous sa coupe un bébé ours comme dans le film ?

Non, c'est improbable. Le petit ours se ferait tuer par l'adulte. Pour le film, il a d'ailleurs fallu ruser. Bien souvent, dans les plans larges qui montrent les deux ours ensemble, un fil électrique les sépare. Au départ, les deux ours sont souvent à 3 ou 4 mètres l'un de l'autre. Eviter que le gros ours s'en prenne au petit était l'une des difficultés majeures du dresseur qui n'était jamais très loin. C'est la raison pour laquelle, à chaque fois que l'on voit les deux ours à l'image, il y a aussi un arbre ou un rocher, derrière lequel se cache le dresseur.


Le fait que le tournage ait lieu en extérieur rend-il les choses plus difficiles ?

Oui, parce qu'en réalité, l'ours a du mal avec les grands espaces. On a souvent dû mettre du fil électrique autour d'eux pour qu'ils restent bien dans le champs de la caméra.


Dans le film, est-ce que l'ourson a vraiment cette voix là ?

Non, il s'agit en fait d'une voix d'homme. Enregistrer les vrais sons de l'animal aurait été trop difficile à réaliser techniquement.


Est-ce que les abeilles ont peur des ours ?

Non, elles n'ont peur de rien.


Est-ce que les ours ont peur des abeilles ?

Non, ils ont un bon pelage qui les protègent des piqûres.


Comment avez-vous mis en scène le sang de l'ourson ?

Comme pour les humains et comme pour n'importe quel autre film, il s'agit de confiture.


Comment dresse t-on un animal ?

Dresser un animal, c'est lui apprendre quelque chose sans le changer profondément. C'est établir une relation de confiance avec lui, créer un langage commun. En général, on utilise des moyens simples : la récompense, le haussement de ton... L'animal obéit toujours au dominant de la meute : son maître dans le cas du dressage ...


Est-ce qu'on peut dresser un serpent ?

Non, le serpent a une intelligence zéro. Il n'est qu'instinct. On ne le dresse pas, mais on parvient à la manipuler avec divers trucages.


Pour se procurer des animaux, les dresseurs doivent-ils aller les trouver dans la nature?

Non, il y a tellement d'animaux en captivité qu'on est obligé de pratiquer la limitation des naissances en séparant les mâles des femelles. Quand on a besoin d'un animal, il suffit de passer commande quelque temps à l'avance auprès des parcs zoologiques en leur demandant de laisser les bêtes se reproduire.


Pourquoi ne remet-on pas les animaux dans la nature s'il y en a tant que ça en captivité ?

Parce qu'il est impossible de remettre un prédateur captif dans la nature. Il ne serait pas adapté au milieu, serait dans l'incapacité de se nourrir et serait éventuellement dangereux pour le seul gibier qu'il a été habitué à côtoyer : l'homme.


Et vous Thierry Le Portier, quand vous étiez jeune, étiez-vous attiré par les animaux ?

J'étais effectivement amoureux des félins, mais je n'avais pas l'idée d'être dresseur. Je voulais devenir professeur de sport, pour avoir le plus de vacances possible. Je me disais que comme ça, je pourrais avoir du temps pour m'occuper des bébés pumas, lions, tigres et jaguars que j'élèverais et qui deviendraient mes copains. Puis un jour, j'ai rencontré un dresseur au zoo de Marseille. En une semaine, j'ai tout arrêté pour venir travailler avec lui. J'avais 16 ans et demi.