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Samedi 29 octobre

Jean-Pierre Améris et Alba-Gaïa Kraghede présentent Je m'appelle Elisabeth

(La fiche du film)

"L'enfance et le cinéma sont liés. Comme dans les contes, on plonge dans le noir pour rentrer dans une histoire !". Cette phrase de Jean-Pierre Améris est une bonne introduction à son film, conte sensible sur une enfant solitaire, mais volontaire. Avec Alba Gaïa Kraghede, l'extraordinaire jeune comédienne (10 ans au moment du tournage), il a répondu aux questions d'un public sous le charme.


Comment est née l'histoire du film ?

Jean-Pierre Améris. Le scénario est tiré d'un roman de Anne Wiazemski, qui m'a touché. Mais j'y ai aussi mis des choses qui viennent de ma propre enfance. Les parents qui se disputent, que l'on entend le soir depuis sa chambre, la peur que la famille ne se disloque...

J'ai aussi ajouté l'histoire du chien car j'adore les chiens, et celle du garcon de l'école avec la tache de vin. Car il y a toujours un exclu dans les classes, celui qui est trop gros, trop grand, étranger...


Votre univers est proche du conte. Est-ce voulu ?

En effet, il y a la la présence de la nature, que nous avons d'ailleurs renforcée en ajoutant beaucoup de végétation, très touffue, autour de la maison. Il y a les animaux, le fait de se perdre dans une forêt inquiétante, d'avoir peur, et d'y prendre quand même aussi du plaisir. Et puis ce thème de la solitude, de l'abandon qui est celui de Betty, mais aussi de Yvon...

A 12 ans, j'ai découvert le cinéma. C'était un refuge pour moi. J'étais anxieux, et en même temps j'allais voir des films qui font peur. En tournant ce film, j'ai pensé notamment à La Nuit du Chasseur, qui est un merveilleux conte, ou encore à La Drôlesse, de Jacques Doillon Mais avec Alba Gaïa, nous avons beaucoup parlé aussi du Voyage de Chihiro, ce film de Miyazaki où une petite fille se retrouve seule, ses parents transformés en cochons. D'ailleurs le costume de Betty est inspiré de la tenue de Chihiro.

Alba Gaia Kraghede

Alba Gaïa, comment en es-tu venue à jouer ce rôle ?

Je ne l'ai pas vraiment cherché. Comme je fais du théâtre avec mon père, il a entendu parler du casting. J'avais le bon âge. Je me suis présentée, même si j'avais énormément le trac. Je n'avais joué qu'un tout petit rôle auparavant dans un film. Mais maintenant j'ai très envie de continuer !


Jean-Pierre Améris, avez-vous travaillé différemment avec elle ? Est-ce qu'on dirige un enfant comme un adulte ?

Je ne fais pas vraiment de différence. Je ne me disais pas, “c'est une petite fille”, mais “'c'est une actrice”.

Mais il est vrai qu'avec les enfants, on est tout de suite dans la croyance, dans le jeu, dans le vrai. Le jeu, c'est le vrai ! Les acteurs professionnels avaient même peur d'être ridicules. Devant la spontanéité d'Alba Gaïa, Stéphane Freiss qui joue le père et qui est magnifique m'avouait qu'il craignait que l'on remarque son métier, ses trucs de comédien aguerri.


Alba Gaïa, comment as-tu travaillé avec le réalisateur ?

J'avais un coach pour m'aider à apprendre les scènes. Sinon, nous parlions beaucoup avec Jean-Pierre. Il m'expliquait les scènes, et nous faisions référence à ces films que j'avais vu aussi, La Nuit du chasseur, le Voyage de Chihiro...

Qu'est ce qui t'a le plus étonnée sur le tournage ?

Toutes les machines, les caméras. Et aussi la scène de l'orage, avec le tonnerre. Il y avait de la fausse pluies, et des ventilateurs énormes pour faire le vent.


Quelle a été la scène la plus difficile à tourner ?

Pas du tout la scène où je manque de tomber du toit ! Au contraire, elle m'a amusée. Mais je me souviens de la scène où je cours dans la cabane pour dire à Yvon de fuir. Comme il ne parle pas, j'ai un long monologue, et c'était difficile.


Est-ce que la scène qu évoque le d'un suicide n'est pas trop dure pour les enfants de cet âge ?

Jean-Pierre Améris. Elle est évoquée, esquissée, on ne voit rien. D'ailleurs, lors d'autres rencontres avec le public, les enfants s'inquiétent beaucoup de savoir si Alba Gaïa a saigné ! Mais non, je voulais vraiment faire un film qui puisse être vu par des enfants de l'âge du personnage, sans les choquer ni leur faire peur. C'est l'histoire d'une petite fille solitaire, qui rencontre des monstres mais qui surmonte ses peurs. Ce n'est pas un film qui finit mal ou qui véhicule un message pessimiste.